C'est tout de même bizarre : l'économie américaine est réputée sans pitié, tu marches ou tu crèves, tu bouffes ou tu te fais bouffer. Les travailleurs et employés ne sont qu'une autre ressource, à côté du capital et des machines. Quand ils ont assez servi, qu'ils deviennent moins performants ou trop coûteux, on s'en sépare sans autre forme de sentimentalisme.
On imagine que le management américain est fait du même moule : dur, inhumain, préoccupé uniquement de compétitivité et de rentabilité. C'est d'ailleurs quelque chose qui fait peur, par exemple, lors d'une fusion ou d'un rachat d'entreprises : que le management à la française soit remplacé par un management à l'américaine.
Et pourtant, c'est également des USA que nous vient toute une littérature sur le management qui replace l'humain en position centrale. On se souvient finalement que les fameuses "ressources humaines" sont composées d'êtres humains avec des désirs, de l'amour propre, des problèmes, et des motivations intrinsèques qui en fin de compte n'ont rien à voir avec les mécanismes économiques qui président au fonctionnement de l'entreprise.
Une personne motivée, qui aime son travail et qui s'y sent reconnue et valorisée sera forcément bien plus productive qu'une personne traitée comme un simple outil.
Ah, la productivité ! Nous y revoilà, fallait pas rêver, quand même ! Les entreprises ne travaillent pas au bonheur des gens.
Mais alors, faut-il s'en féliciter, ou résister, ne pas se laisser abuser par ces manipulations, ces belles paroles ?