mardi 9 février 2010

pas mon bar préféré

Voilà que j'ai fini la première nouvelle du recueil, qui fait la moitié du livre et qui lui donne son titre.
Je peux dire que je retrouve la patte de McCullers : des personnages hauts en couleurs, et même mémorables tellement ils sont particuliers. C'est une histoire de solitude, car en fin de compte, tous ces personnages sont incroyablement seuls, même s'ils tentent de maladroits rapprochements dont ce café surgi de rien se fait le catalyseur.
Quand l'aventure du café se terminera, il n'y aura de nouveau plus rien dans cette petite ville paumée, rien que des solitudes qui se croisent sans se rencontrer.
Des personnages forts, je disais, mais pas aussi touchants que ceux de ce petit chef-d'oeuvre, "Le coeur est un chasseur solitaire".

dimanche 7 février 2010

les gens sont fous

Les gens sont fous. Heureusement. Sinon, dans les bouquineries, on ne trouverait que des livres de Bernard Werber, Dawn Brown ou Paulo Coelho. Le genre de livre qu'on peut éventuellement acheter par erreur si on est particulièrement distrait, ou à la limite se faire offrir par sa belle-mère si elle est particulièrement vicieuse, et dont on s'empresse de se débarrasser au plus vite après en avoir lu quelques pages.
Mais pour revendre un livre de Carson McCullers, est-ce qu'il faut être en possession de toute sa tête ? Vive les fous donc, car grâce à eux, j'ai pu devenir l'heureux propriétaire de "La ballade du café triste" pour la modique somme d'un euro cinquante. Nous vivons une époque formidable.

vendredi 5 février 2010

arrêt pipi

Et voilà que j'ai terminé le deuxième volume !
Finalement, je crois que je vais mettre moins de sept ans à lire tout le cycle.
Il y a une chose qui m'a étonné dans ce bouquin de 400 pages : c'est que le rythme est effréné et ne faiblit pas un seul instant. Pourtant, il me semble que d'habitude, Stephen aime bien prendre le temps d'installer une ambiance...
Au final, ce second tome est de bien meilleure facture que le premier. J'ai été complètement pris par l'histoire (et surpris, je ne m'attendais pas à ça), et j'y ai découvert des personnages intéressants, particulièrement Eddie, que je trouve assez attachant.
Maintenant, tout le monde descend pour un petit break.

lundi 1 février 2010

lost in the dark

Je suis toujours vivant. Et en meilleure forme que notre ami le Pistolero.
On dirait qu'il est en train de se constituer une petite équipe, genre variation sur le thème des "Sept salopards". Sauf que, en termes de mercenaires, je trouve qu'il aurait pu mieux choisir... le premier est un junkie (quoique, il se révèle plus costaud que prévu), et le second est... une infirme en chaise roulante, dotée en plus de sérieux problèmes psychiques. Tu parles d'une dream team ! Sans compter que le Pistolero a déjà perdu quelques doigts (détail très gênant pour un tireur d'élite) et souffre d'une infection carabinée (autre détail très gênant pour un tireur d'élite). Mais de toute façon, à ce stade du livre, il ne lui reste presque plus de balles. Faudrait vraiment être très optimiste pour parier un dollar sur leurs chances de réussite. D'un autre côté, c'est bien un petit Hobbit malingre avec du poil aux orteils qui est venu à bout de Sauron, alors tous les espoirs sont permis.

mardi 26 janvier 2010

brelan d'as


Ouf ! Je me disais bien aussi que King ne pouvait pas se complaire pendant sept volumes dans une pâle parodie de Tolkien. Par un tour de passe-passe tellement con qu'on ne peut que l'accepter avec résignation (je vais vous dire, il suffisait de franchir une porte -si c'est pas pratique !), le deuxième tome de "La tour sombre", intitulé "Les trois cartes", nous fais basculer de l'univers "fantasy" du premier tome vers un monde où King se sent nettement plus à l'aise : le nôtre.
Par la même occasion, Roland (car notre Pistolero n'a pas vraiment un nom de Pistolero) se trouve affublé d'un nouveau compagnon. Je ne vous l'avais pas dit, mais dans le premier volume, Roland partageait aventures et viande séchée avec un jeune garçon du nom de Jake. Dans le second volume, on a droit à une compagnie un peu plus intéressante en la personne de Eddie, jeune junkie et traficant de drogue au capacités des plus prometteuses.
Et pour tout dire, je retrouve maintenant le vrai style de King, avec tout le soin apporté au réalisme et au contexte de l'histoire, et en même temps, une maîtrise unique de la tension. Maintenant, je suis vraiment en route pour la tour sombre !

dimanche 24 janvier 2010

Moria beach

Faut-il être honnête ?
Oui, il le faut.
L'ombre de Tolkien plane effectivement sur ce premier volume et l'écrase un peu de son poids (parfaitement, une ombre qui a du poids).
La quête de la "Tour Sombre" semble moins excitante que celle du "Mount Doom", et la première partie de ce voyage nous offre une version bien pâle des caves de la Moria.
On sent poindre le talent de conteur de King, mais ce n'est pas encore l'auteur fabuleux qui se révèlera quelques années plus tard.
Le personnage de Roland est plutôt schématique (sans même parler de l'homme en noir), et le style n'a rien de remarquable.
Mais, il y a quelques éléments de départ prometteurs (un héros qui trahit un enfant dès le départ, faut avouer que c'est digne d'intérêt). Assez pour donner envie de continuer.
Le Pistolero est un prélude, et qui jugerait de l'ensemble d'une œuvre sur le prélude ?
Je m'en vais donc enchaîner avec le volume deux.

mercredi 20 janvier 2010

il était une fois dans...

"Le Pistolero" nous parachute dans un monde "qui a changé", où seuls demeurent quelque souvenirs demi-conscients du monde tel que nous le connaissons. On est, semble-t-il, dans le futur, mais un futur qui ressemble étrangement au far-west du XIXe siècle.
On nous annonce aussi que "le temps est bizarre", mais ça on l'avait compris.
Un "pistolero" est à la poursuite d'un mystérieux "homme en noir". On espère que la poursuite ne va pas s'éterniser sur des milliers de pages. A ce stade, on ne sait pas encore exactement si on va s'ennuyer ferme ou se passionner pour la tour sombre, quoique quelque chose nous ferait plutôt pencher pour la seconde solution.

"Le Pistolero" est clairement un volume d'introduction. Même que King s'en excuse presque dans la préface. (Normalement, je ne lis que les préfaces de Vonnegut, mais pour King, je peux faire une exception). Il nous promet que les choses vont s'accélérer (?) dans le volume suivant. Autre information intéressante de la préface : le titre "La tour sombre" fait immanquablement penser à Tolkien, et King reconnaît y avoir trouvé son inspiration.  Mais je ne crois pas qu'on va croiser beaucoup de Hobbits. Des magiciens, peut-être... il semble que l'homme en noir en soit un.
En tout cas, jusqu'à présent, King a suffisamment éveillé mon intérêt pour que je me procure illico le tome deux. Je pense que je vais enchainer les deux, puis peut-être faire une pause, suivant le conseil avisé de Guic.

dimanche 17 janvier 2010

my dark towering challenge

Bien sûr, je suis triste que l'aventure des Chats soit terminée. Mais d'un autre côté, je goûte à une nouvelle forme de liberté. Pensez donc, plus d'activités obligatoires farfelues du genre "écrivains suicidés", "livre surprise", ou encore "livres avec une couleur dans le titre" (qui sait ce qu'on aurait encore pu inventer ?). Plus de risque non plus de se coltiner un Aristochat du style Coelho.

Alors, qu'est-ce que je pouvais faire de ces loisirs nouvellement acquis si ce n'est  me coller à moi-même un défi pire que tout ce que les Chats m'ont jamais imposé ?
Faut dire que O'Nan m'a un peu poussé dans les cordes avec "Speed queen" et son obsession de Stephen King.
Alors voilà, j'ai eu envie de me lancer enfin dans la lecture de "La tour sombre".
Je me donne, disons, maximum sept mois. Euh... non, plutôt sept ans.
Et comble d'originalité, je vais commencer par "Le pistolero".

samedi 16 janvier 2010

speed writing

Ça sent un peu le procédé, cette transcription d'enregistrements,  d'accord ; mais si le procédé fonctionne, est-ce que c'est grave ? (Ma réponse : non)
D'ailleurs, n'ayez pas peur, il s'oublie bien vite, et cette forme de petites séquences rapides donne une dynamique à ce qui ne serait peut-être qu'une histoire tristement banale et violente. L'histoire va vite, car il ne reste que quelques heures à Marjorie pour la confier à la bande magnétique, et on se sent soi-même pris dans cette urgence.
J'ai bien aimé. Seul petit bémol : j'y ai pas toujours vraiment cru, à cette histoire. En fait, Marjorie, c'est une fille trop chouette pour tremper dans ce genre d'horreur.

mardi 12 janvier 2010

une bonne idée !

Oui, c'était vraiment une bonne idée de lire ce livre.
C'est raconté d'une manière assez originale, et ça fonctionne.
Le bouquin est la retranscription d'une série de bandes magnétiques sur lesquelles Marjorie s'exprime.
Cette jeune femme attend son exécution dans le couloir de la mort. Il semble qu'elle ait cédé son histoire à Stephen King pour en faire un roman. King lui a envoyé une liste de questions, et chaque chapitre du livre est la réponse de Marjorie à une de ces questions (on ne voit pas les questions, seulement les réponses).
A ce stade de ma lecture, je ne sais pas encore dans quel acte horrible elle a trempé. En fait, ce système de narration nous fait découvrir par morceaux et dans le désordre Marjorie et son histoire. Cela crée une certaine tendance à l'empathie avec ce personnage, et je suis vraiment scotché par l'histoire.

Comme par hasard, Marjorie est une vraie fan de King, et j'ai souri plusieurs fois aux conseils naïfs qu'elle lui donne pour l'écriture de son futur roman, non sans terminer chaque fois par un "vous savez mieux que moi".

dimanche 10 janvier 2010

une bonne idée ?


Je me demande si ce ne serait pas une bonne idée de lire un livre de Stewart O'Nan.
D'une part, parce que le précédent que j'ai lu de lui m'avait beaucoup plu. D'autre part, parce que je suis revenu l'autre jour de la bibliothèque avec "Speed Queen" en poche.
Malgré ma mémoire déficiente, je me souviens que c'est un article sur le blog de Laiezza (mais comme elle n'a ni index ni fonction de recherche, vas-t'en retrouver l'article !) qui m'avait donné envie de découvrir cet auteur (ouais, pour une fois, c'est pas Thomas ni Ing, ça mérite d'être souligné).

samedi 9 janvier 2010

pas de Tartares

Quand on a écrit un chef-d'oeuvre intersidéral, la difficulté, c'est de faire mieux. Ou même de faire aussi bien. Je crois bien qu'il n'y a que Céline à avoir réussi à classer deux livres dans les dix premières places du top 10.
Ces nouvelles sont excellentes, c'est sûr. Mais soyons honnêtes : on n'atteint pas les sommets du "Désert des Tartares", même si on les effleure par instant.

"Ce n'était sans doute qu'un simple corollaire de la nuit : nous n'en connaissons en fait qu'une infime partie, le reste est immense, inexploré, et les rares fois que nous y pénétrons, nous nous effarouchons de tout."

mercredi 6 janvier 2010

quand Buzzati rencontre Kafka, ils ne se racontent pas des histoires de gâteaux à la crème

La nouvelle est un art difficile, surtout pour les très courtes comme en écrit Buzzati. En quelques pages, il faut susciter l'intérêt du lecteur, et donner vie à une situation, un évènement, des personnages, il faut laisser deviner tout un environnement, une histoire dont on ne connaîtra qu'un fragment.
Ce sont en effet des fragments que Buzzati nous montre ; des petits bouts de réalité dont l'étrangeté tient autant à leur découpe, à la manière dont ils sont taillés et relatés qu'à leur nature.
Il y en a forcément qui me plaisent plus que d'autres, ce sont ceux -un peu kafkaïens, où la réalité ou les gens sont subitement transformés d'une manière incompréhensible, où les personnages perdent pied, et se rendent compte de leur impuissance face à la nature incompréhensible du monde, bref, les thèmes typiques de Buzzati.
Dans les nouvelles que j'ai lues jusqu'à présent, je citerais dans cette veine "Le frère transformé" et "Sic transit".

mardi 5 janvier 2010

Allo ?

Je reviens un instant sur "Les extrêmes", car j'ai eu l'occasion d'avoir une intéressante conversation sur le sujet avec Ing.

le coffre aux trésors

J'ai pas des millions de livres chez moi, mais j'ai certainement un quotient [désordre / nombre de livres] exceptionnellement élevé. (L'autre jour encore, impossible de mettre la main sur un bouquin que j'avais promis de prêter. Il est certainement quelque part, mais où ? Ou bien, je l'ai déjà prêté à quelqu'un, mais qui ?)
Alors, j'ai eu envie de refaire le coup de la liste. Mais cette fois, ce ne sera pas une stupide étagère avec le meilleur de la littérature mondiale, ce sera un coffre virtuel avec mes plus grands coups de cœur.
Donc, voici le mon top 10 avec les livres qui m'ont fait le plus vibrer et qui ont encore un écho aujourd'hui. (Bon, le coffre peut bien déborder un peu et l'ordre peut changer au gré de ma fantaisie, ok ? Et puis c'est un peu débile de mettre un classement, mais c'est la règle du jeu.)

  1. Charles Baudelaire : Les fleurs du mal
  2. Fernando Pessoa : Le livre de l'intranquillité
  3. Louis Ferdinand Céline : Voyage au bout de la nuit
  4. Dino Buzzati : Le désert des Tartares
  5. Charles Bukowski : The last night of the earth poems
  6. Kurt Vonnegut : Slaughterhouse 5
  7. Edgar Allan Poe : Histoires extraordinaires
  8. Louis Ferdinand Céline : Mort à crédit
  9. Haruki Murakami : Chroniques de l'oiseau à ressort
  10. William Faulkner :  Sanctuary
  11. William Shakespeare : Hamlet
  12. Ernest Hemingway : Le soleil se lève aussi
  13. Vladimir Nabokov : Lolita
  14. Henri Michaux : L'espace du dedans
  15. Charles Bukowski : Factotum
  16. John O'Brien : Leaving Las Vegas
  17. Knut Hamsun : Hunger
  18. Fedor Dostoïevski : Crime et châtiment
  19. Sylvia Plath : The bell jar
  20. Franz Kafka : Le procès
  21. Carson McCullers : Le coeur est un chasseur solitaire
  22. Paul Auster : Brooklyn follies
  23. Gao Xingjiang : La montagne de l'âme
  24. Herman Melville : Moby Dick
  25. Yasunari Kawabata : Pays de neige
  26. Kurt Vonnegut : Timequake
  27. Philippe Jaenada : Le cosmonaute
  28. Juan Rulfo : Pedro Paramo
  29. Alasdair Grey : Lanark
  30. Douglas Adams : The hitchhiker's guide to the galaxy
  31. Christopher Priest : Futur intérieur
  32. Hubert Selby : The willow tree

(Zut, y en a plus que dix !)

lundi 4 janvier 2010

renversant


C'est pas facile de se replonger dans un livre de Dino Buzzati quand on a découvert cet auteur avec "Le désert des Tartares", un des plus grands chef-d'oeuvres de la littérature mondiale. Forcément, en ouvrant "L'écroulement de la Baliverna", mes attentes sont élevées. Bon, ce sont des nouvelles, et c'est différent d'un roman. J'avais déjà lu un recueil de lui, et le meilleur y côtoyait le "simplement intéressant".
On va bien voir.
Le livre commence par la nouvelle éponyme, une courte histoire qui me fait obligatoirement penser à "La chute de la maison Usher", de Poe, un grand maître du genre. Les deux histoires sont cependant extrêmement différentes, mais celle de Buzzati est quand-même excellente et on y retrouve ce goût de l'étrange, ou ce goût étrange. C'est un bon début !

samedi 2 janvier 2010

deux fois tout

Interactions entre différentes réalités, disais-je l'année dernière. Je n'ai pas changé d'avis depuis.
Cette thématique à déjà revêtu plusieurs formes dans l'œuvre de Priest : imaginaire de l'écrivain dans "La fontaine pétrifiante", univers parallèle dans "Le monde inverti", gémellité dans (je ne vous dirai pas lequel), le monde du rêve dans le génial "Futur intérieur" et plusieurs autres, au point que je peux affirmer sans trop de risques que cette obsession représente vraiment la pierre d'angle de son travail.
Dans "Les Extrêmes", cette autre réalité est tout simplement la réalité virtuelle.

Cette énième incarnation du même thème pourrait sembler bateau et un peu trop facile. Non mais c'est vrai quoi ! La "réalité virtuelle", je vous demande un peu. Et pourquoi pas la machine à voyager dans le temps, tant qu'on y est ?
Mais n'oublions pas que nous sommes dans un roman de Priest et qu'il ne donne pas dans la SF de gare. Ce ne sont pas la technologie ou les paradoxes qui font l'intérêt de ce roman, mais le cheminement de Teresa, le personnage principal ; et d'ailleurs, l'action ne s'emballe vraiment que dans les cinquante dernières pages (sur un total de près de cinq cents). Ce personnage est d'ailleurs très élaboré, bien plus que dans les premiers romans de Priest, où ils étaient un chouïa trop schématiques, il faut bien l'avouer.

L'auteur réalise une lente montée en puissance tout en maintenant le niveau idéal de suspens et de mystère, ce qui fait qu'il n'y a aucune impression de longueur pour le lecteur.
En parlant de la fin, elle ne m'a pas absolument convaincu (peut-être n'ai-je pas tout compris), mais ce n'est pas là l'essentiel. L'essentiel ce sont les questions que Priest se pose et nous pose :
Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qui est important ?

J'en profite pour saluer l'ouverture du blog de ma copine Ing. C'est du bon !

samedi 26 décembre 2009

de l'action

Ca fait plaisir de lire un roman dans lequel il se passe quelque chose. Où à chaque page on se demande vraiment ce qui va arriver !
Il y a des romans qui explorent l'âme et la nature humaine. Comme par exemple celui de Philip Roth que je viens de lire. Et je trouve ça passionnant, ce qu'on peut apprendre de ce genre de livre, y compris sur soi-même.
Puis il y a des romans qui nous font voyager, découvrir d'autres univers, qui nous font nous échapper de nous-mêmes. Comme ce bouquin de Priest.
Se chercher ou se fuir. Il me semble qu'on a besoin des deux... que j'ai besoin des deux, en tout cas.
Bien sûr, la distinction n'est pas toujours très claire ; un livre n'est pas toujours exclusivement d'une ou de l'autre catégorie.
Chez Priest, il y a aussi comme une quête philosophique : il s'interroge sur la nature de la réalité, ou sur les interactions entre différentes réalités.
Mais il y a quand-même en général plus d'action dans les romans d'évasion que dans les romans introspectifs ; et c'est pas déplaisant, un peu d'action.

mercredi 23 décembre 2009

plaisir extrême


Moi, je ne fais plus confiance au père Noël. Rendez-vous compte : la dernière fois que j'ai reçu un livre pour Noël, c'était un machin de Dan Brown. Heureusement qu'ils ont accepté de me l'échanger à la librairie (j'ai menti, j'ai dit que je l'avais déjà).
Non, décidément, c'est beaucoup plus sûr de se faire un cadeau à soi-même.
J'ai choisi "Les Extrêmes" de Christopher Priest.
Je suis sûr de ne pas me tromper, d'abord parce que c'est Priest, et en plus, Thomas a beaucoup aimé.
C'est fou ce que j'ai bon goût !
Pas sûr que je vais réussir à patienter jusqu'au jour de Noël pour ouvrir mon cadeau...

lundi 21 décembre 2009

Roth's great horror show


Pour écrire un livre angoissant, pas besoin de vampires, de vieux manoirs, de savants fous. Au contraire. Parce qu'on est relativement protégé contre ce genre de choses. Il y a peu de chances pour que le citoyen de base ait à se frotter à une de ces contrariétés au cours de sa vie.
Par contre, si on écoute Roth, on se souvient que même si on est en bonne santé et en bonne forme pour l'instant, ça ne va pas durer (en fait les forces hypocrites de la décomposition sont déjà à l'oeuvre dans notre corps). Un jour -alors qu'on savait déjà qu'on était de moins en moins désirable, on va se rendre compte qu'on est de plus en plus repoussant. Même pour ses amis et sa famille on devient une gêne. Ceux qui ne sont pas encore morts vont s'éloigner peu à peu de toi. Tu vas finalement mourir seul, tu n'auras même pas droit à un peu d'amour pour soulager ta souffrance, et tes dernières pensées seront pour les choses que tu as ratées dans ta vie (la plupart des choses, en fait).
Donnez-nous des histoires de vampires !


"... but now eluding death seemed to have become the central business of his life and bodily decay his entire story."


Mais Roth est impitoyable : il joue sur ses propres angoisses, et elles sont si réelles qu'on ne peut y rester totalement imperméable.
Eh, merde ! "Everyman", ça s'adresse à toi aussi !

J'ai été assez étonné par la brièveté et l'intensité de ce livre.
Peut-être qu'en vieillissant, Roth va à l'essentiel. C'est un genre d'épure ; pas de traits inutiles. Il y a urgence, le temps est compté.
Ou alors, c'est peut-être que finalement, une vie humaine, ça se résume à pas tellement de choses.

"True, he had chosen to live alone, but not unbearably alone. The worst of being unbearably alone was that you had to bear it -either that or you were sunk."

Et aussi, dans ce livre, il y a le gravedigger le plus chouette que j'aie vu depuis Hamlet.